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    MES QUATRAINS :

     

    Liberté, mon inaccessible amour

    Paix, mon unique désir

    Réalité, la douloureuse mascarade

    Folie, l’enivrante parade.

     

    *Nomad*


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  • MES POEMES D'AMOUR : Légende de troubadour

     

    Légende de troubadour

     

    En quête d'Amour éternel
    Mû par un coeur de ménestrel
    Guidé par la douce espérance
    Et les rêves les plus intenses
    J'allai vers les contrées sereines
    Où la Beauté trônait en reine.
    Je parcourus maintes régions
    Hantant souvent maintes nations.
    Sur mon chemin de troubadour,
    Un jour, des fées aux beaux atours
    Surgirent comme en de doux songes,
    Me soufflèrent des mots étranges
    Leurs yeux, univers étoilé,
    Vous noyaient dans l'éternité
    Le coeur épris tôt s'enflamma
    Prit un grand plaisir, fantasma.
    Mais l'amer réel rompit les charmes
    Et l'âme fondit vite en larmes,
    Victime de ses illusions,
    Source de bien de déceptions .
    C'est en ces temps durs de tristesse
    Que vint la divine Sagesse
    Elle chassa la brume impure
    Qui voilait la pensée obscure
    Eclaira le coeur dépité
     Révélant cette vérité:
    " L 'Amour quitta la Terre hostile
    Pour fuir la corruption servile
    D'êtres soumis aux leurres fins
    De la vanité, des instincts,
    Et tous les intérêts infâmes
    Minant le coeur, altérant l'âme.
    Seuls les coeurs Purs pourront gagner
    L'univers où l'Amour régnait
    Connaître enfin la Passion
      Vivre à l'unisson, en fusion."
    Depuis, je repartis en quête.
    Vers mon Moi, j'allais en conquête
    Les signes du sort sur ma voie
    Guidaient mes pas, j'avais la foi
    Car c'est gravé depuis longtemps
    Sur le livre secret du Temps:
    Sans pureté originelle
    L' Amour n'est qu'un rêve éternel.

    *Nomad*


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  • POEMES D'AUTEURS: Solitude

     À une heure du matin

     Enfin ! seul ! On n’entend plus que le roulement de quelques fiacres attardés et éreintés. Pendant quelques heures, nous posséderons le silence, sinon le repos. Enfin ! la tyrannie de la face humaine a disparu, et je ne souffrirai plus que par moi-même.

    Enfin ! il m’est donc permis de me délasser dans un bain de ténèbres ! D’abord, un double tour à la serrure. Il me semble que ce tour de clef augmentera ma solitude et fortifiera les barricades qui me séparent actuellement du monde.
    Horrible vie ! Horrible ville ! Récapitulons la journée : avoir vu plusieurs hommes de lettres, dont l’un m’a demandé si l’on pouvait aller en Russie par voie de terre (il prenait sans doute la Russie pour une île) ; avoir disputé généreusement contre le directeur d’une revue, qui à chaque objection répondait : « — C’est ici le parti des honnêtes gens, » ce qui implique que tous les autres journaux sont rédigés par des coquins ; avoir salué une vingtaine de personnes, dont quinze me sont inconnues ; avoir distribué des poignées de main dans la même proportion, et cela sans avoir pris la précaution d’acheter des gants ; être monté pour tuer le temps, pendant une averse, chez une sauteuse qui m’a prié de lui dessiner un costume de Vénustre ; avoir fait ma cour à un directeur de théâtre, qui m’a dit en me congédiant : « — Vous feriez peut-être bien de vous adresser à Z… ; c’est le plus lourd, le plus sot et le plus célèbre de tous mes auteurs, avec lui vous pourriez peut-être aboutir à quelque chose. Voyez-le, et puis nous verrons ; » m’être vanté (pourquoi ?) de plusieurs vilaines actions que je n’ai jamais commises, et avoir lâchement nié quelques autres méfaits que j’ai accomplis avec joie, délit de fanfaronnade, crime de respect humain ; avoir refusé à un ami un service facile, et donné une recommandation écrite à un parfait drôle ; ouf ! est-ce bien fini ?
    Mécontent de tous et mécontent de moi, je voudrais bien me racheter et m’enorgueillir un peu dans le silence et la solitude de la nuit. Âmes de ceux que j’ai aimés, âmes de ceux que j’ai chantés, fortifiez-moi, soutenez-moi, éloignez de moi le mensonge et les vapeurs corruptrices du monde, et vous, Seigneur mon Dieu ! accordez-moi la grâce de produire quelques beaux vers qui me prouvent à moi-même que je ne suis pas le dernier des hommes, que je ne suis pas inférieur à ceux que je méprise !

     Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, 1869

     

     

     

     


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