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    MES POEMES A THEMES : Marche funèbre

     

     Marche funèbre

     Vivre a la cadence d'’une marche funèbre
    La mort a entrouvert les battants des ténèbres
    Projetant sans appel les corps poussiéreux
    Vers l'avide néant aux méandres terreux

    Contre le sort fatal la révolte est démence
    Le messager macabre a banni l’insouciance
    Du cœur en deuil précoce altéré la candeur
    Des rêves arcs-en-ciel attisant sa grandeur

    L’âme martyrisée par les vapeurs morbides
    Se meut péniblement dans un élan turbide
    Trahissant la terreur étouffant les passions
    Et tous les vifs instincts objets de compassion

    Le baiser de la mort a réduit la cadence
    Alourdi l’avancée des corps en décadence
    Comme des morts-vivants, sous la voûte étoilée
    Ils s’engouffrent déjà dans le spectre voilé

    *Nomad*

     


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    La mort envisagée dans le sérieux est une source d'énergie comme nulle autre ; elle rend vigilant comme rien d'autre.

    La mort incite l'homme charnel à dire : « mangeons et buvons, car demain, nous mourrons ». Mais c'est là le lâche désir de vivre de la sensualité, ce méprisable ordre de choses où l'on vit pour manger et boire, et où l'on ne mange ni ne boit pour vivre.

    L'idée de la mort amène peut-être l'esprit plus profond à un sentiment d'impuissance où il succombe sans aucun ressort ; mais à l'homme animé de sérieux, la pensée de la mort donne l'exacte vitesse à observer dans la vie, et elle lui indique le but où diriger sa course. Et nul arc ne saurait être tendu ni communiquer à la flèche sa vitesse comme la pensée de la mort stimule le vivant dont le sérieux tend l'énergie.

    Alors le sérieux s'empare de l'actuel aujourd'hui même ; il ne dédaigne aucune tâche comme insignifiante ; il n'écarte aucun moment comme trop court ; il travaille de toutes ses forces à plein rendement, prêt cependant à sourire de lui-même si son effort se prétend méritoire devant Dieu, et prêt à comprendre en son impuissance qu'un homme n'est rien et qu'en travaillant avec la dernière énergie, l'on ne fait qu'obtenir la véritable occasion de s'étonner de Dieu.

     

    Sören Kierkegaard, Sur une tombe, L'existence


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